LES CONSEILS DES EXPERTS

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La conduite en ville

Tandis que les embouteillages asphyxient toujours plus nos cités, les deux-roues se multiplient au sein des grandes agglomérations. Profitant de l’équivalence que leur offre leur permis de conduire pour chevaucher une 125 cm3, nombres d’automobilistes essaient ainsi d’échapper aux turpitudes de la circulation urbaine. Malheureusement, trop peu d’entre eux sont réellement prêts à affronter les pièges de la ville. Dominique Sarron et Philippe Monneret vous donnent ici quelques conseils.

Même si c’est un lieu commun, il n’est jamais inutile de rappeler, surtout pour les jeunes permis ou ceux fraîchement convertis aux plaisirs des deux-roues, que la moto demeure un moyen de transport très vulnérable, notamment dans la circulation urbaine.
Ancien champion du monde d’endurance et vainqueur de Grands Prix 250, Dominique Sarron organise aujourd’hui des stages de pilotage pour permettre aux utilisateurs de deux-roues de perfectionner leur conduite. Vainqueur il y a deux ans du Moto Tour, Dominique ne cesse de rappeler à ses élèves combien il est important de ne jamais relâcher sa vigilance lorsque l’on roule en ville.

 

« Sur route, on porte son regard assez loin, explique-t-il.
En ville, il faut observer en permanence l’environnement immédiat.
Il faut être extrêmement vigilant car il est beaucoup plus difficile d’en appréhender tous les dangers. Il faut regarder où l’on pose ses roues, surveiller les sorties de garage, les places de stationnement… » Egalement ancien pilote, Philippe Monneret organise des stages sur circuits et dirige par ailleurs une moto-école sur Paris.
Pour lui aussi, la conduite en ville requiert une prudence exemplaire.
« Trop de personnes conduisent leur deux-roues comme une voiture, constate Philippe ».
Or, en moto ou en scooter, on doit regarder tout autour de soi, et pas seulement dans ses rétroviseurs. Rester concentré et toujours imaginer le pire sont les meilleurs moyens d’éviter l’accident. »
D’autant qu’avec la généralisation de l’usage des téléphones portables, le comportement des automobilistes ne s’arrange pas vraiment…

Surveiller ce qui passe autour de soi pour anticiper les manœuvres des véhicules qui vous précèdent ou arrivent en sens inverse, telle est l’attitude que certains ont du mal à mettre en pratique. « Il faut tout surveiller, note Monneret.
La position des roues des voitures, le regard des automobilistes dans les rétroviseurs de leurs véhicules… »
A cette vigilance doit s’ajouter une bonne position sur la chaussée et sur sa machine. « Il faut savoir se placer pour être vu, éviter les angles morts, et lorsqu’on se faufile entre les voitures, il faut le faire à allure raisonnable en s’assurant que les autres usagers nous voient. »
Et Dominique Sarron d’ajouter : « Quand je roule en ville, je laisse toujours mon pied droit posé sur la pédale de frein et deux doigts sur mon levier droit.

J’évite de raser les bords des trottoirs qui sont toujours sales et je ne me place jamais au milieu de la route car c’est là que se dépose l’huile et le gasoil des voitures et des camions.
J’évite tout autant de raser les voitures en stationnement, car beaucoup de gens ouvrent leurs portières sans précaution, et je respecte la signalisation et les limitations de vitesse dans les centres-villes. »

En lui-même, le pilotage d’un deux-roues en milieu urbain ne diffère pas de celui sur la route.
A quelques détails près. « Hormis le danger que constitue l’environnement urbain, il ne faut jamais oublier que la chaussée des villes est toujours très glissante, surtout lorsqu’il pleut, explique Monneret ».

On évitera donc de prendre de l’angle dans les virages, et l’on fera attention en freinant d’utiliser son levier de façon progressive afin d’éviter de bloquer ses roues. Sans oublier bien évidemment d’éviter tant que possible les plaques d’égout et les bandes blanches. »

Dernier point, et non des moindres, l’équipement. « Trop d’usagers de deux-roues ne se protègent pas suffisamment, rappelle Philippe Monneret.

Posséder un casque en bon état, mais aussi se vêtir d’un blouson, de gants et de chaussures adaptées sont des choses qu’il ne faut pas négliger.
Et puis glisser une combinaison de pluie sous sa selle permet aussi de s’éviter quelques désagréments. »